La maladie et son accompagnementLa maladieL’ACCOMPAGNEMENT AU QUOTIDIENL'accompagnement au quotidien | Les aménagements | Comment communiquer et être en relation Au moment du repas | Au moment de la toilette AU MOMENT DE LA TOILETTE Lorsque la toilette devient difficile à réaliser, il est souvent compliqué de mettre en place une aide à la personne car on entre dans son intimité. Celle-ci doit donc être proposée progressivement. L’intervention d’un membre de la famille pour ce type de soin ne doit pas être banalisée. Quel que soit le lien avec la personne malade, il n’y aura jamais eu accès au corps de l’autre de cette manière là. Aider à la toilette signifie entrer dans une intimité archaïque. Ce n’est pas neutre. Cela va retentir sur la relation avec la personne malade. Il est souvent préférable que ce soit un tiers, sans relation affective avec la personne, qui intervienne au moment de la toilette. Différentes raisons et difficultés amènent la personne à ne plus pouvoir réaliser seule la séquence de sa toilette. L'apraxie, c’est à dire la perte des gestes, va bien évidemment retentir sur l’autonomie au moment de la toilette. Elle va perdre des gestes les plus compliqués au plus simples, ce qui va nécessiter une aide qui sera de plus en plus importante. Il est possible d’agir sur : L’environnement Au début il suffira peut-être de simplifier l’environnement en ne gardant que les éléments utiles à la toilette, et dans un ordre logique : serviette, savon, brosse à dents, dentifrice. Il vaut mieux laisser la salle de bain aussi nue que possible et donner le shampoing, la serviette, le nécessaire à prothèse dentaire, la crème à raser etc., seulement au moment où la personne en a besoin. Avec l’évolution de la maladie, même la serviette, le savon, la brosse à dents et le dentifrice pourront être utilisés de manière inadaptée s’ils sont laissés à sa portée. L’aménagement La mise en route de l’aide est toujours sensible. Il peut être nécessaire d’envisager des aménagements dans la salle de bain. La personne doit se sentir en sécurité. Si la toilette se fait au lavabo, il peut être utile de mettre un tabouret ou une chaise. Le miroir doit alors être suffisamment grand pour que la personne puisse se voir même assise. Par cotre, si cela la perturbe, on mettra un miroir plus petit. Les portes d’intérieur peuvent être aménagées de telle sorte que la personne malade ne puisse pas s’enfermer accidentellement à l’intérieur d’une pièce (ceci peut être réalisé en enlevant les clés ou avec des serrures spéciales). Pour éviter les pertes d'équilibres, disposez des autocollants anti-glissades ou un tapis antidérapant dans la baignoire ou la douche. Pour ne pas perturber la personne malade, il est préférable d'utiliser des tapis ou des autocollants dont la couleur se confond avec celle de la baignoire ou de la douche. Des poignées peuvent être placées pour aider à accéder à la baignoire ou à la douche. Certains systèmes de chauffe-eau permettent de bloquer la température supérieure de l'eau. Limitez-la à une chaleur tolérable pour éviter les brûlures. Pour favoriser l’autonomie, les robinets doivent être faciles d'utilisation. On peut décider de couper l'arrivée d'eau dans la salle de bain, un robinet de sécurité peut être placé en amont, il ne sera ouvert qu’en présence d’un tiers. Les tuyaux de douche généralement installés au domicile ont une longueur de 1m50 ce qui est insuffisant pour doucher une personne de manière confortable pour elle et l'aidant. Faîtes installer un tuyau plus long. Le pommeau de douche doit diffuser un jet agréable. Certains modèles sont plus adaptés que d’autres, mettez le pommeau de douche dans un gant pour atténuer le jet. Ne vous contenter pas de vérifier la rudesse du jet sur votre main, elle est beaucoup moins sensible que le corps. La réaction de la personne doit nous indique si cela est agréable ou pas. Vérifier le dépôt de calcaire sur le pommeau de la douche : un dépôt peut causer des petits jets en biais qui peuvent surprendre la personne. L’aide Il est préférable de commencer par une aide peu importante, et petit à petit parvenir à une aide totale. Lorsque les difficultés augmentent, les objets utiles seront donnés au fur et à mesure de la toilette. Ensuite, il sera nécessaire que quelqu’un soit présent dans la salle de bain pour dire à la personne ce qu’elle doit faire. Il faut alors organiser et lui présenter la toilette en séquences d’actions bien définies. Par la suite, il faudra tenter de lancer l’automatisme du geste. On mobilise les gestes automatiques en plaçant le gant préparé dans la main, puis selon les actions, le rasoir, la brosse à dent, la brosse, le maquillage, la crème, etc... La personne est souvent capable de se laver le visage, il faut continuer à lui demander de le faire. Cela lui permet de garder le plus longtemps possible une représentation physique d’elle-même. L’agressivité pendant la toilette est souvent liée à la peur et à l’inconfort. Il faut tenter de comprendre quel type de toilette est moins angoissant pour cette personne : au lavabo, la douche, le bain, au lit ? Ne pas commencer la toilette par le visage, mais par les mains pour qu’elle s’habitue au contact de l’eau, puis ensuite continuer de manière à ne pas la surprendre. Au lavabo ou au lit, faites attention de ne pas la dénuder totalement, elle aurait rapidement froid, pourrait se crisper, et ainsi associer la toilette à cet inconfort. Il faut soit la rhabiller au fur et à mesure, soit la couvrir avec une serviette ou un peignoir prévu à cet effet. La température de la pièce est primordiale.
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